Je constate actuellement que dès qu’on  dit qu’on n’aime pas tout le monde, ou qu’on n’aime pas quelque chose, on vient nous remettre dans les rangs. Voilà pourquoi je parle de tyrannie.

Toute ma vie j’ai essayé d’aider les gens, en leur disant ce que je sentais, en leur donnant des conseils. Je passais beaucoup de temps à écouter les gens se plaindre. Je voulais devenir psychologue clinicienne. Mais un an avant de terminer mon cursus, j’ai décidé de travailler sur moi. J’ai donc fait ma psychanalyse pendant 4 ans et demi. Et je me suis rendue compte que ce n’était pas du tout ce que je voulais faire. J’avais envie que les gens se bougent, prennent conscience des choses. Je manquais de douceur, cette douceur que je ne m’accordais pas.

Je me suis intéressée à la spiritualité et je suis tombée sur des messages comme quoi il faut tous s’aimer, qu’on porte tous Dieu en nous. J’ai étudié Un Cours en Miracle, et effectivement, j’ai eu des périodes où je ressentais l’Unité, l’Amour pour tous. Et puis je me suis rendue compte de la supercherie. Et nous sommes plusieurs à voir clair dans ce dogmatisme.

Je me suis intéressée aux Saintes Ecritures et il est clairement écrit que Dieu n’aime pas tout le monde, mais seulement ses élus. Alors là, ce fut la révélation pour moi, et la fin de la culpabilité ! Oui parce que nous répéter sans cesse que Dieu est en tous, qu’il faut aimer tout le monde, c’est culpabilisant ! Et ce n’est pas parce que nous ne sommes pas prêts, ou que nous ne voulons pas, c’est juste que ce n’est pas possible !

Pour moi l’Amour, ce n’est pas un verbe passif, mais un verbe d’action. L’Amour passe par la communication et je ne suis pas en communication concrètement avec tout le monde. Nous sommes plus de 7 milliards sur cette planète, et je n’ai pas 7 milliards d’amis sur facebook. En tant que gardienne des flammes, plusieurs personnes viennent vers moi pour me poser des questions. Je vis désormais dans la matière avec ma flamme jumelle, et mon parcours – qui n’est que le mien – peut servir aux autres à comprendre certaines choses, à voir que les choses peuvent concrètement arriver, et comment permettre cela, si tel est le chemin de la personne. Je réponds aux questions, je donne de mon temps, de mon énergie, de mon écoute, je partage des outils, des conseils. Avec douceur, et bienveillance, je le souhaite.

Ma flamme jumelle ne me reconnait pas. Je ne comprenais pas pourquoi, j’ai fait du forcing, et cela m’arrive encore, pour son bien, parce que c’est tellement libérateur, c’est tellement … pour qui ? pour lui ou pour moi ?

Je ne crois pas en l’altruisme. On fait toujours les choses en fonction de soi. Nous parlons selon là où nous en sommes, selon notre histoire, nos filtres personnels et extérieurs. Notre vérité n’est pas forcément celle d’autrui.

Non je n’aime pas tout le monde. Non Dieu n’est pas en tous. Parce que là où je suis allée, dans ce que j’appelle le hors conscience, il n’y a plus ni Amour, ni Dieu. Et c’est là d’où nous venons et là où nous retournons. Mais voilà, ceci ne peut pas être entendu. Et ce serait faire preuve de tyrannie à mon tour en voulant convaincre, en justifiant.

Non je n’aime pas tout le monde, et je dirais même que plus j’avance et plus je restreins mon cercle. Mes préférences s’affinent, et je reviens à mes valeurs premières. Je privilégie la qualité à la quantité.

Non je n’aime pas tout le monde, mais les gens que j’aime, je leur donne tout ! Parce qu’aimer tout le monde, au final, c’est n’aimer personne.

Ma liberté d’être réside dans cette permission à aimer ceux et ce qui m’alignent, et tout et tous ne m’alignent pas

Alors vous qui dites aimer tout le monde, m’accorderez vous cette liberté de ne pas aimer tout le monde ou me jugerez vous ?

Vouloir aimer tout le monde n’est-il pas un désir inconscient de vouloir être aimé de tous ?

 

Myriam, le 5 mai 2017

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